Un programme d'une journée
Une journée calée sur les horaires du quartier : la Butte le matin avant la foule, les boutiques l'après-midi quand elles sont toutes ouvertes, et un thé à 16 h dans un jardin caché que personne ne voit de la rue.
La Butte pendant que les boutiques dorment encore
10 h 00
5 rue Steinkerque · sortie du métro Anvers
On commence par le quartier du tissu, parce que c'est ce qui ouvre le plus tôt. Au Bouton Saint Pierre est une mercerie entièrement consacrée aux boutons. À cinquante mètres, Moline fait la même chose depuis 1879, sur deux boutiques face à face rue Livingstone : des murs entiers de boutons, de rubans et de passementerie.
Aucun achat à prévoir. C'est un endroit où l'on entre pour regarder.
Voir Au Bouton Saint Pierre10 h 25
2 rue Charles Nodier · à 2 min
Cinq étages de tissus au mètre, le plus grand du quartier textile de Paris. Même sans rien coudre, la montée jusqu'au dernier étage vaut le coup d'œil.
Voir sur la carte11 h 00
Square Louise Michel, au pied de la Butte
Le carrousel vénitien à deux étages, juste sous la basilique. Il tourne là depuis 1879.
Voir sur la carte11 h 15
35 rue du Chevalier de la Barre
Pour monter, prendre le funiculaire, il part du square et coûte un simple ticket de métro. Il évite les deux cents et quelques marches, et c'est le bon réflexe en début de journée.
L'intérieur se visite librement, sans billet ni réservation : c'est l'un des rares grands monuments parisiens dans ce cas. La mosaïque du chœur est l'une des plus vastes du monde. À 11 h 30 la nef est encore calme.
Le dôme est payant et se prend par l'extérieur, sur le côté gauche. Trois cents marches, à ne tenter que si l'envie est vraiment là.
Voir sur la carte11 h 55
Derrière la basilique, 3 min à pied
Les portraitistes, les terrasses, la foule. Ça vaut la traversée, mais deux réflexes : demander le prix avant de s'asseoir pour un portrait, et garder son sac devant soi.
Ne pas déjeuner ici, la suite est meilleure et moins chère.
Voir sur la carte12 h 15
2 rue de l'Abreuvoir · 5 min du Tertre
Descendre la rue des Saules puis prendre la rue de l'Abreuvoir à gauche. Elle passe pour la plus jolie rue de Paris et elle débouche pile sur la façade rose.
C'est un restaurant, mais l'essentiel se joue dehors : la maison est peinte ainsi depuis les années 1900 et Utrillo l'a peinte aussi.
Voir sur la carteOn redescend vers la rue Lepic
12 h 40
Par la rue Girardon, puis le virage de la rue Lepic
De la Maison Rose, remonter la rue Girardon jusqu'à la place Dalida, puis rejoindre le virage de la rue Lepic. La descente se fait toute seule.
Deux tables au choix, détaillées plus bas : Chantoiseau au 63, bistronomique, à réserver. Ou Le Relais Gascon au 6 rue des Abbesses, sans réservation et sans se ruiner.
Voir ChantoiseauLes boutiques, toutes ouvertes à cette heure-là
13 h 55
7 rue Lepic · tout en bas de la rue
Continuer à descendre la rue Lepic. Au 15, le Café des Deux Moulins, le café d'Amélie Poulain, toujours avec son comptoir et ses néons : un coup d'œil en passant suffit.
Dire que vous venez de la part d'Emma Bonneville. Puis la glace au 7. Glacier artisanal ardéchois, installé là depuis l'été 2026, les glaces sont fabriquées à Saint-Sauveur-de-Montagut en Ardèche. Cornet ou petit pot.
Voir sur la carte14 h 20
Remonter la rue Lepic, puis à droite
Le vrai morceau shopping de la journée, à faire en flânant : la rue est bordée de boutiques sur toute sa longueur, des deux côtés du trottoir. Trois repères pour se situer :
Le Grenier à Pain n'est pas une boutique de vêtements mais la boulangerie de Djibril Bodian, primée au concours de la meilleure baguette de Paris. Une baguette pour la route se justifie.
Voir Leon & Harper14 h 55
Au bout de la rue · square Jehan Rictus
L'entrée du métro en fonte verte est l'une des deux dernières de Paris à avoir gardé sa marquise Guimard d'origine, avec Porte Dauphine. La place est ombragée, avec des bancs et une fontaine Wallace verte au coin pour remplir une gourde.
Juste à côté de la bouche de métro, l'entrée du square Jehan Rictus mène au Mur des je t'aime : une fresque de 612 carreaux de lave émaillée sur laquelle je t'aime est écrit 311 fois, dans 311 langues et dialectes. Les éclats rouges éparpillés sur le mur sont les morceaux d'un cœur brisé, que la fresque recolle.
Voir le Mur des je t'aime15 h 05
90, 91 et 92 rue des Martyrs · 3 min
Trois boutiques qui se touchent, au carrefour de la rue Yvonne Le Tac. L'arrêt le plus dense de la journée, et il tient dans cinquante mètres.
Stock Maje est le plus grand des magasins de stock de la marque, les tailles y sont bien fournies et les arrivages fréquents. Ouvert jusqu'à 20 h, fermé le dimanche.
La Chaise Longue, juste en face, pour la déco et les idées cadeaux. Jusqu'à 19 h.
Antoine et Lili et sa devanture colorée, à côté. La marque a ouvert sa toute première boutique aux Abbesses en 1997, elle est donc chez elle ici.
Voir le carrefour15 h 20
Petite rue qui redescend de la place des Abbesses
Deux cents mètres de boutiques, à faire lentement et dans les deux sens. C'est la dernière halte shopping avant la montée finale.
Au 17, deux enseignes partagent l'adresse : La Fabrique du 18, un collectif d'artisans du quartier, et Assuna, du vintage.
Voir la rueLa montée douce, puis le jardin
15 h 40
83 rue Lepic · le Moulin de la Galette
Reprendre la rue Lepic et la suivre jusqu'à l'épingle à cheveux. C'est la plus belle montée de la Butte et surtout la seule sans un seul escalier : ça monte régulièrement, jamais brutalement. À faire tranquillement, il n'y a pas d'urgence.
En haut du virage, les deux derniers moulins de Montmartre : le Moulin Radet sur la rue, le Blute-fin derrière, celui que Renoir a peint.
Voir sur la carte15 h 50
Elle part sur la gauche, juste après le virage
L'exact contraire de la place du Tertre : large, silencieuse, bordée d'ateliers d'artistes et de maisons particulières. Percée entre 1910 et 1912, elle est vite devenue l'adresse chic de la Butte. Personne n'y monte, c'est tout l'intérêt, et la lumière de fin de journée y est parfaite.
On y entre par les grands numéros et on descend :
La villa Léandre est une impasse pavée d'une quinzaine de maisons de brique d'inspiration anglaise, chacune différente. On croirait un morceau de Londres posé là.
La maison de Tristan Tzara est la seule construction parisienne de l'architecte autrichien Adolf Loos, bâtie en 1926 pour le poète dadaïste et sa femme, la peintre Greta Knutson. Façades et toiture classées monument historique. Elle ne se visite pas, mais sa loggia blanche vaut l'arrêt sur le trottoir.
Puis remonter jusqu'au 23. Il est entre les deux.
Voir la villa Léandre16 h 00
23 avenue Junot, pavillon D · 01 53 41 81 40
La récompense de la journée. On pousse une grille discrète au 23 et on découvre le plus grand jardin d'hôtel de Paris, invisible depuis la rue. Personne ne devine qu'il est là.
À 16 h, c'est le restaurant qui sert dans le jardin : thé, café, gourmandises, sous les arbres. À cette heure-là, la terrasse est au calme complet.
63 rue Lepic · 01 42 51 39 95 · réserver
Bistronomique, tenu par deux frères, pile sur le trajet entre le virage Lepic et les Abbesses. La tourte est la spécialité de la maison. Cadre intimiste, cuisine française classique bien faite. À réserver, la salle est petite.
Voir sur la carte6 rue des Abbesses · tous les jours, 11 h – minuit
L'option sans réservation et sans se ruiner. Les salades géantes aux pommes de terre à l'ail tournent autour de 12 €, le reste de la carte est du Sud-Ouest. Ça peut être long aux heures de pointe. Petit décalage sur le parcours : c'est 5 min plus loin que Chantoiseau.
Voir sur la carteLes terrasses de la place du Tertre et les grandes brasseries du boulevard de Clichy. C'est joli, c'est cher, et ce n'est pas bon. Mieux vaut redescendre de cent mètres.